Le site de l'actualité des montres et de la haute horlogerie

Image

Zenith Academy Christophe Colomb Hurricane

Depuis sa naissance au Locle en 1865, la Manufacture Zenith n’a eu de cesse de repousser toujours plus loin les limites de la précision. Une quête qui s’est notamment traduite par la conception du mouvement El Primero battant à la fréquence exceptionnelle de 36’000 alternances/heure, suivie de l’invention d’un système de gravity control, ou l’évolution ultime du chronomètre de marine. Si l’Academy Christophe Colomb Hurricane concentre ces deux gages de précision absolue, elle y ajoute une troisième amélioration, basée cette fois sur la suppression des écarts d’isochronisme. Son système de transmission fusée-chaîne garantit en effet une force constante, synonyme d’amplitude rigoureusement stable durant toute la durée de marche. Avec son Academy Christophe Colomb Hurricane, Zenith fait désormais partie de ce club ô combien fermé. Si la marque à l’étoile est l’unique Manufacture à maîtriser le système de gravity control – primé lors du Grand Prix d’Horlogerie de Genève en 2011 dans la catégorie montres à complications – qu’elle a inventé après cinq ans d’intenses développements, il lui en aura fallu deux autres pour mettre au point le mécanisme de transmission fusée-chaîne. Car entre les chronomètres de marine dont la Hurricane est inspirée et une montre-bracelet de seulement 45 mm de diamètre, il y a un monde que Zenith a réussi à dompter au prix d’un travail acharné. Car il n’a évidemment jamais été question d’utiliser pour le remontage une clé de montre coulissant dans une cavité jusqu’au cadran, tel que cela se pratiquait aux siècles passés. Cette solution n’était au demeurant pas envisageable dès lors que Zenith voulait une montre étanche, donc dépourvue de toute ouverture, d’où le recours nécessaire à une couronne de remontage. Au fur et à mesure qu’une montre mécanique se décharge, son mouvement perd en amplitude, et donc en précision. Avec un système de transmission fusée-chaîne, la force motrice demeure au contraire totalement stable durant toute la durée de la réserve de marche. Alors que le ressort en son cœur imprime sa force au barillet, la géométrie hélicoïdale de la fusée – issue d’un calcul complexe spécifiquement pour le ressort - va compenser les variations de force du barillet qui vont s’installer progressivement. La transmission entre le barillet et la fusée de l’Academy Christophe Colomb Hurricane est assurée par une chaîne de 585 composants pour 18 centimètres de long. D’une complexité extrême, celle-ci fait l’objet d’une construction alternant maillons doubles et intermédiaires, tandis que les dimensions des rivets ont été savamment calculées afin d’en délimiter le jeu. Si la manipulation de la chaîne requiert un savoir-faire et un soin infinis, elle est capable de résister à une force de traction de plus de 3 kilogrammes une fois montée. Durant toute la durée de la réserve de marche, le barillet transmet sa force à la fusée par la chaîne qui vient s’enrouler autour du barillet. Ajustant les variations de tension, la fusée transmet sa force constante au rouage qui va à son tour l’imprimer à la roue d’échappement en silicium dans la cage gyroscopique. S’il faut plus de 50 heures – durée de la réserve de marche – pour que la chaîne vienne s’enrouler autour du barillet, le remontage par la tige réserve un spectacle captivant. Les quelques secondes qu’il requiert permettent en effet de voir fusée et barillet tourner dans le sens opposé au sens de la marche, afin que la chaîne vienne s’enrouler à nouveau autour de la fusée, et par là même armer son ressort. La forme de la fusée de l’Academy Christophe Colomb Hurricane a été dictée par la force optimale que les maîtres-horlogers de Zenith ont voulu donner au barillet. Sa silhouette rainée rappelant un cône ainsi que ses dimensions résultent de patients calculs mêlant notamment force théorique et durée de la réserve de marche. Des calculs particulièrement complexes, réalisés pour chacun des sept étages de la construction. Sans l’intégration de tous les métiers au sein de la Manufacture Zenith et en particulier celui du prototypage des mouvements, et la mise en œuvre d’équipements sophistiqués, cette fusée n’aurait peut-être jamais pu être réalisée. Telle est la force de la Manufacture intégrée, sa réactivité étant un autre atout de taille. Parce que chez Zenith, audace et authenticité riment aussi avec plaisir, l’Academy Christophe Colomb Hurricane marque non seulement un aboutissement inédit en matière de précision, mais également un ravissement de chaque instant pour le regard. Sous une glace saphir taillée d’un bloc éclate le raffinement mécanique du système fusée-chaîne, dévoilant le barillet et la fusée autour desquels vient s’enrouler la chaîne. A 6h, la cage gyroscopique, véritable joyau horloger composé de 173 éléments, envoûte par ses tournoiements aériens. Aux rondeurs du dôme qui la sublime font écho les galbes du cadran ajouré des heures et minutes à 12h, tandis que les compteurs de la petite seconde et de la réserve de marche, tous deux en or guilloché main, arborent également une forme bombée. Côté ponts, le fond saphir révèle une mappemonde gravée au laser sur le contrepoids du module gyroscopique, dans un éclatant hommage à l’esprit voyageur de Christophe Colomb. Quel meilleur symbole pour ce garde-temps d’exception, édité en série limitée à 25 exemplaires ?

Auteur
Anwar Korti