Nouvelle déclinaison du Chronomètre FB 1R présenté lors du SIHH 2018, l’édition 1785 est une série de cinq pièces en bronze, rendues uniques par l’emploi de patines d’art différentes. Plus encore, elles sont un double hommage. Le premier est rendu à l’Horloge de Marine n°7 de Ferdinand Berthoud, source d'inspiration technique et esthétique majeure de ce régulateur.

Le second est contenu dans le nom de l’édition 1785. Il renvoie au fameux voyage d'exploration autour du monde de Lapérouse effectué entre 1785 et 1788. Le bronze, sa patine unique, le calibre FB-T.FC.R-2, tous renvoient aux instruments de mesure du temps en mer. Chronomètres de marine et sextant étaient seuls à même de calculer la longitude, déterminant le succès de leurs expéditions.

En transposant dans un langage contemporain la recherche d’excellence du maître Horloger-Mécanicien du Roi et de la Marine, la Chronométrie Ferdinand Berthoud met en exergue les progrès des sciences, de la mesure du temps et de la connaissance du monde.

Une démarche philosophique

L’ensemble des garde-temps de la Chronométrie Ferdinand Berthoud sont le résultat d'une démarche horlogère novatrice. Design, mouvement, finitions, tout ce qui constitue ces chronomètres à tourbillon et force constante leur est propre et répond à une logique d'excellence sans concession. La Chronométrie Ferdinand Berthoud est animée par la vision de son président, Karl-Friedrich Scheufele. Ce dernier a patiemment constitué une importante collection d’objets liés à la mesure du temps au sein du L.U.CEUM à Fleurier, dont un nombre d’œuvres significatif de Ferdinand Berthoud.

Pour faire honneur à ce natif du Val-de-Travers qu'était Ferdinand Berthoud, la Chronométrie Ferdinand Berthoud dispose d'une équipe dédiée, d'un processus de développement spécifique et d'une réelle expertise sur de nombreux savoir-faire. Dans le cas de l’édition 1785, l’inspiration technique provient directement des recherches de Ferdinand Berthoud sur son Horloge de Marine N°7. Elle concentrait nombre de solutions qui amélioraient les principes de fonctionnement de ses montres à longitude. Entre autres, son affichage dérogeait aux règles habituelles des régulateurs, qui octroient aux heures, aux minutes et aux secondes un emplacement différent du cadran, par l'utilisation d'une grande aiguille des secondes au centre.

 

A la conquete du pacifique

Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse, est resté dans les annales de l'histoire de France comme l'un de ses plus illustres explorateurs. Ses talents de navigateur et de meneur d'homme ainsi que sa grande expérience ont conduit Louis XVI à lui confier la plus audacieuse campagne d'exploration maritime que la France ait jamais entreprise. Le 1er Août 1785, il quitte la rade de Brest avec deux frégates, L'Astrolabe et La Boussole. A leur bord, environ 220 officiers, savants et marins. Lapérouse prend le commandement de La Boussole et confie le commandement de L’Astrolabe à son second, le brillant officier et navigateur Paul-Antoine Fleuriot, vicomte de Langle.

Cette expédition a pour mission de faire le tour du monde afin d'en compléter la cartographie et de poursuivre l’exploration de l’océan Pacifique. Les deux navires sont équipés des meilleurs instruments de mesure et d’observation de l’époque, dont cinq chronomètres de marine de Ferdinand Berthoud, Horloger-Mécanicien du Roi et de la Marine depuis 1770. Lors des deux ans et demi qu'a duré ce voyage, Lapérouse et ses hommes ont traversé l’Atlantique Nord et Sud, passé le Cap Horn, remonté le Pacifique jusqu'en Alaska via Hawaï. Puis ils ont traversé le plus grand océan du monde pour toucher Macao, remonté toute la côte chinoise avant de redescendre dans le Pacifique Sud via les Tonga. Quelques mois après une escale en Australie, en mars 1788, on perd leur trace entre les îles Salomon et l'archipel de Vanuatu.

Par la suite, plusieurs expéditions parties à la recherche des frégates de Lapérouse exhument des traces du naufrage. Elles découvrent que lors d'une tempête, L'Astrolabe s'est échoué sur les îles Vanikoro, dans l’archipel des Santa Cruz. La Boussole a, quant à elle, sombré. Mais quelques membres d'équipage ont survécu au double naufrage. Entre autres objets retrouvés à Vanikoro, un sextant a été déterré en 2005, oxydé mais intact après 217 ans. Taillé dans le bronze, cet instrument de navigation fondamental a servi d’inspiration pour les couleurs de patine de l’édition 1785.

nouvelle évolution du boîtier

Les chronomètres FB 1R de l’édition 1785 mesurent 44 mm de diamètre, pour moins de 14 mm d’épaisseur. Entièrement réalisé en bronze, le boîtier est microbillé. L'alliage de bronze a été retenu pour sa capacité à se patiner. C'est ainsi que ces cinq régulateurs, numérotés FB 1R.5-1 à FB 1R.5-5, présentent tous une couleur différente. Les patines de ces pièces, uniques de fait, ont chacune été réalisées par des recettes différentes. Elles ont été soigneusement choisies après des dizaines d'essais et de tests. Il s'agissait d'atteindre les teintes désirées et de s'assurer de leur dermo-compatibilité suivant le règlement REACH de l’Union Européenne.

Le boîtier est habillé de deux brancards latéraux en bronze, qui lui donnent sa forme caractéristique octogonale. Les flancs sont percés de deux hublots latéraux à 2h et à 11h. Ils permettent d'admirer le fonctionnement du mécanisme de fusée-chaîne. A ces deux ouvertures s’ajoute un fond saphir traité antireflet, afin d’apprécier la qualité de finition du mouvement. La couronne moletée en bronze pourvue d’un médaillon en titane garantit, quant à elle, un remontage aisé du mouvement. Ce dernier est doté de 53 heures de réserve de marche.

 

Un régulateur hors du commun

Les chronomètres de l’édition 1785 diffèrent nettement de tous les affichages régulateur existants. Ils proposent un cadran majoritairement plein. Il s'agit en fait de la face arrière de la planche de complication de l'affichage régulateur.

Il est réalisé en maillechort, satiné à la main dans le sens de la verticale. Il est muni de trois ouvertures de petite taille. La première permet la lecture des heures traînantes, décentrée à 2 heures. Elles s'affichent sur un disque en saphir traité antireflet et décalqué de chiffres arabes, qui se lisent nettement par contraste avec un fond blanc. La seconde dévoile un mécanisme d'affichage de la réserve de marche inédit. Il est mis en avant par une large découpe dans le cadran, qui laisse entrevoir une partie de la platine finement sablée.

La troisième ouverture est située au centre du compteur des minutes à 12 heures. Finement anglée, microbillée et aux chanfreins dorés, l’ouverture en son centre laisse apparaître le rouage et un décor gravé main représentant un motif « pyramides ». Il est inspiré du décor d'une pendule astronomique squelette de Ferdinand Berthoud, appartenant à la collection du L.U.CEUM. Les secondes se lisent en périphérie du cadran, sur un rehaut en maillechort microbillé et anglé.

Enfin, nature et provenance des chronomètres de l’édition 1785 sont lisibles sur ce grand cadran. La mention « Chronomètre Val-De-Travers Suisse » y est gravée. Plus qu'une signature ou une appellation d’origine, il s'agit d'une revendication d'identité.

Cône mobile suspendu et réserve de marche à ressort spiral

Faisant l’objet d’une demande de brevet, le dispositif d'indication de réserve de marche est très sophistiqué. Visible à travers l’ajourage du semi-pont côté fond, un cône tronqué monte et descend sur une vis sans fin, connectée au barillet. Sur ce cône suspendu est posé un palpeur. La position de ce bras sur le cône reflète le niveau d’armage et de désarmage du barillet.

Le palpeur transmet la quantité d’énergie accumulée dans le barillet à un ensemble de leviers plats finement anglés et rhodiés, visibles à travers une découpe dans la planche de régulateur. Leur rôle est d’amplifier le déplacement de l’aiguille de réserve de marche. Un ressort spiral, placé en bout de course, exerce une force sur le support d’aiguille de réserve de marche. Ce ressort permet un rattrapage des jeux de l’ensemble des composants de ce mécanisme et d’afficher la réserve de marche avec une précision inégalée. Ce mécanisme ingénieux rappelle l’esprit d’expérimentateur de Ferdinand Berthoud lui-même, qui explorait volontiers des solutions sortant des sentiers battus.

Double approche de la chronométrie

Le calibre FB-T.FC.R-2 est l'un des rares à présenter une transmission par fusée-chaîne, qui est la solution la plus ancienne pour procurer une force constante à l'échappement. Elle agit comme une boîte de démultiplication automatique. En effet, selon le niveau de remontage, le couple délivré par le barillet varie.

Lorsque le mouvement est entièrement remonté, la chaîne est totalement enroulée sur le petit diamètre de la fusée. Le ressort de barillet dispose alors de sa puissance maximum. Cette force diminue à mesure que le temps passe, la chaîne s’enroulant sur le tambour, passant du petit au grand diamètre de la fusée. La variation du diamètre de la fusée compense la diminution du couple au ressort de barillet. L’échappement reçoit ainsi une énergie constante, ce qui égalise l’amplitude du balancier et améliore la précision du mouvement.

Cette dernière lui vient également de son tourbillon. Visible uniquement côté fond, il est constitué de 67 éléments regroupés dans une cage en titane de 16,55 mm de diamètre. Elle est fixée à une arche d’acier en forme de flèche parfaitement polie et anglée à la main. Pour équilibrer le balourd de l'échappement, deux masselottes en maillechort doré uniformisent les masses de cette grande cage. Il n'indique pas la seconde car les chronomètres de l’édition 1785 possèdent une trotteuse centrale. Extrêmement longue et fine, en bronze doré, elle avance avec une précision et une stabilité remarquables.

Ensemble, ces deux systèmes horlogers d'excellence, traités selon les meilleures pratiques, confèrent au calibre FB-T.FC.R-2 son rang de chronomètre, un titre décerné par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres (COSC).

Matières et SURFACES nobles

Les ponts du calibre FB-T.FC.R-2 sont réalisés en maillechort non traité. Cet alliage de cuivre, zinc et nickel présente un brillant exceptionnel au polissage, et une fragilité extrême. Toute imperfection est irréparable. Le maillechort se distingue également par sa couleur, grise de tonalité chaude, qu’apprécient les connaisseurs. Il cohabite avec le bronze, matière employée pour la première fois par la Chronométrie Ferdinand Berthoud, mais profondément ancrée dans l'histoire de l’horlogerie et de la navigation. Malgré sa propension à s'oxyder, il a toute sa place dans le cercle des matières adaptées à l’horlogerie. Sa noblesse lui vient d'un usage qui remonte à la préhistoire.

Le pont de tourbillon en forme de flèche en acier est décoré avec le plus grand soin. La face du dessus présente un poli miroir, les flancs sont étirés et les angles sont polis. Tous les composants de la cage du tourbillon en titane sont intégralement anglés. Le cône de réserve de marche est poli miroir. Les deux ponts qui entourent le tourbillon sont ajourés. La chaîne, faite de 790 composants d’acier et mesurant 285 mm de long, a été entièrement terminée à la main. Tranches et tenons sont satinés et les surfaces planes sont polies.

Des gestes de précision

Ces opérations de terminaison des composants, quels que soient leur emplacement et leur fonction, ont été entièrement réalisées à la main avec des outils traditionnels par les artisans de la Chronométrie Ferdinand Berthoud. Le contrôle qualité de ces finitions est effectué à un degré de grossissement beaucoup plus élevé que de coutume dans l’horlogerie, une loupe 6x. A un tel niveau, aucun détail, aussi infime soit-il, ne peut passer inaperçu. Aucune erreur, imperfection, insuffisance n'est tolérée. Voilà ce que représente l'excellence horlogère si chère à la Chronométrie Ferdinand Berthoud, chronométrier des explorateurs. Ce respect de la tradition horlogère qui s’exprime avec modernité dans les chronomètres Ferdinand Berthoud sera toujours au centre des futurs développements de la maison.